Le savoir-faire

De la mine à la lame, une histoire de curiosité, de matière et de transmission.

Je suis Erwan de Carné, artisan forgeron.

Quand on me demande comment naît un couteau, je souris souvent. On imagine facilement les coups de marteau, les étincelles et la chaleur de la forge. Pour moi, l'histoire commence bien avant... parfois avec un simple caillou de limonite que je vais chercher dans une ancienne mine de Haute-Loire, fermée depuis plus d'un siècle.

Elle se poursuit avec le feu, le charbon et, surtout, beaucoup de curiosité... des essais qui ne se passent pas toujours comme prévu, avant que le métal ne révèle enfin tout son potentiel.

J'aime remonter jusqu'à l'origine des choses. Comprendre la matière, la transformer, l'observer évoluer. C'est cette curiosité qui me guide depuis toujours et que j'aime partager avec ceux qui viennent à la forge.

Je vous présenterai Achille, mon ami un peu marteau qui fait un sacré travail... Claude l'enclume Claudinon, Calamine et mes autres compagnons d'atelier.

Je pourrais vous expliquer comment on passe d'une pierre à une lame... mais ce serait vous gâcher une partie de l'histoire.

Le reste, je préfère vous le raconter devant la forge.

Bien plus que la forge

La forge est le cœur de mon métier, mais elle ne s'arrête pas au marteau et à l'enclume.

Ma curiosité m'a conduit à fabriquer mon propre charbon, à construire des bas fourneaux, à produire du métal à partir de minerai, à travailler le damas, le cuir, le bois ou encore à restaurer des outils anciens. Chaque nouveau savoir nourrit les autres et enrichit ma façon de travailler.

Le damas occupe une place particulière dans cet univers. Cette alliance du fer et de l'acier, où chacun apporte ses qualités à l'autre, demande autant de précision que de patience. C'est un travail exigeant autant que passionnant qui m'a conduit jusqu'aux Championnats du monde de damas.

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Le damas occupe une place particulière dans cet univers.

Cette alliance du fer et de l'acier, où chacun apporte ses qualités à l'autre, demande autant de précision que de patience.

C'est un travail exigeant autant que passionnant qui m'a conduit jusqu'aux Championnats du monde de damas.

Donner une seconde vie à la matière

Mon atelier est installé en pleine campagne, non loin des gorges de la Loire. Ici, la nature, les rencontres et les échanges font partie du quotidien. Ils nourrissent autant mon travail que le feu ou l'acier.

Je regarde rarement une matière pour ce qu'elle est. Je préfère imaginer ce qu'elle peut devenir.

 

J'accorde une grande importance aux matériaux qui ont vécu et qui racontent une histoire. Un vieux morceau d'acier, un ancien outil usé, une poutre oubliée, de belles essences, exotiques ou simplement issues de nos jardins... autant de matériaux dont plus personne ne veut, qui peuvent retrouver une nouvelle vie entre mes mains.

 

Autrefois, un vieux fer à cheval trouvé en chemin était une richesse, une chance. Entre les mains du forgeron, il devenait une bêche, une serpe ou un outil que l'on transmettait pendant des générations.

J'aime penser que cette idée a encore toute sa place aujourd'hui. Qu'on peut réutiliser plutôt que jeter.

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Un savoir qui se partage

On dit que c'est en forgeant que l'on devient forgeron. Je crois que ce dicton résume assez bien ce métier.

La forge s'est toujours transmise de la même façon : de forgeron à forgeron, de maître à apprenti, au fil des rencontres, des démonstrations, des collaborations et des coups de main.

Certains travaux de forge demandent plusieurs marteaux. Chacun doit trouver le même rythme, la même force de frappe et accorder sa confiance aux autres. On apprend autant en observant qu'en expérimentant.

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Et je serai heureux de partager tout ça avec vous quand vous viendrez.